Avant Guy Ritchie, le polar britannique possédait déjà un chef-d’œuvre. Avec The Long Good Friday, John Mackenzie signe un film de gangsters élégant, tendu et profondément anglais.
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Harold Shand règne sur le Londres du crime organisé. De retour des États-Unis où il préparait un partenariat avec des investisseurs américains, il découvre que quelqu’un s’attaque méthodiquement à son empire : son bras droit est éliminé, sa voiture est piégée et son casino explose. Pour lui, aucun doute : quelqu’un veut le discréditer avant la signature de cet accord historique.
Beaucoup pensent que le polar anglais est né avec Guy Ritchie et ses « Lock, Stock and Two Smoking Barrels » ou « Snatch ». Je ne suis pas d’accord. Bien avant cela, John Mackenzie réalisait déjà un immense film de gangsters avec The Long Good Friday.
Bob Hoskins livre probablement ici la meilleure prestation de sa carrière. Malgré son physique modeste, il impose une autorité incroyable. Harold Shand n’est pas seulement un chef de gang : il se comporte comme le patron d’une véritable multinationale du crime.
Le film ne se contente pas d’aligner les fusillades. Il parle également de pouvoir, de politique, de trahison, des rapports troubles entre policiers et criminels, mais aussi de la place de l’Angleterre face aux États-Unis.
Visuellement, Mackenzie soigne chaque plan. Les mouvements de caméra sont élégants, les plans-séquences nombreux et la musique électrique accompagne parfaitement cette montée permanente de la tension.
Je regrette seulement que certaines scènes de violence restent relativement sages au regard du sujet. Quelques séquences auraient gagné en impact avec une mise en scène un peu plus brutale.
Côté DVD, l’édition Anchor Bay est frustrante : les bonus sont intéressants mais l’absence totale de sous-titres est difficilement pardonnable. L’édition française est plus accessible mais beaucoup plus pauvre.
Au final, The Long Good Friday demeure l’un des plus grands polars britanniques jamais réalisés. Un classique que tout amateur de cinéma criminel devrait découvrir.
— Don Fabrizio

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