Préambule : Je ne cherche ni à convaincre ni à convertir qui que ce soit. Mon ambition est simplement de présenter un livre, ses idées et les questions qu’il soulève, en laissant chacun libre de se forger sa propre opinion.
2009, Tommy Robinson est un jeune anglais patriote qui décide de s’engager dans un combat contre l’islamisme. Il a une hargne viscérale et ne craint pas de faire face à ceux qui détestent son pays en toute impunité. Selon Tommy Robinson, la justice britannique aurait progressivement sacrifié certaines de ses valeurs au profit d’une lecture qu’il juge dictée par la bien-pensance antiraciste, rendant son engagement particulièrement coûteux sur le plan personnel. Décryptage d’un livre ovni qui n’a d’égal que la détermination de son auteur et possède même une certaine résonance dans la France de 2026…
Récit autobiographique édité la première fois en Angleterre en 2015, ENNEMI D’ETAT nous fait suivre le parcours meurtrit de Tommy Robinson. Originaire de Luton, près de Londres, Tommy aborde les premières années de son existence en évoquant sa passion pour le football et son ralliement au parti nationaliste anglais avant de le quitter un an plus tard pour ne pas être assimilé à ceux qu’il considère comme les « vrais racistes ». Fondateur de l’EDL (English defense League) en 2009, il se lance alors dans la lutte contre l’islamisation de son pays. La démarche est d’autant plus singulière dans ce monde ou les attentats de Londres et de Paris n’ont pas encore eu lieu.
A travers son récit, Tommy considère que la montée de l’islamisme constitue un bouleversement majeur pour une partie de la société britannique.
Tommy veut faire entendre sa voix, il ne veut pas renoncer à ses valeurs. Tommy ne regarde pas l’image qu’il renvoie, seul son patriotisme importe à ses yeux, son patriotisme et l’amour qu’il porte à sa famille. Il évolue au fil de son histoire, il explique que les autorités britanniques ferment les yeux sur certains courants islamistes tout en marginalisant les voix critiques de cette politique.
Tommy se cherche et s’interroge, il a un regard méticuleux sur ses contemporains. Plus on avance et plus on découvre sa vie chaotique et parfois franchement triste. Le livre décrit, du point de vue de son auteur, un système qu’il juge indifférent aux victimes de certaines violences, lui y-comprit.
Et la justice dans tout ça ? Tommy critique ce qu’il considère comme la complaisance des autorités envers certains courants islamistes. Il dénonce ce qu’il perçoit comme une incapacité des institutions à traiter certains événements. Il s’interroge sur l’évolution des politiques multiculturelles britanniques.
Tommy Robinson développe la thèse selon laquelle les autorités britanniques, qu’il juge acquises à une vision progressiste et multiculturaliste, auraient cherché à faire de lui un ennemi public afin de discréditer son combat politique. Il décrit de nombreux épisodes au cours desquels il estime avoir été traité de manière injuste par la police et les autorités judiciaires s’estimant même être victime d’harcèlement judiciaire. Il interprète cette succession d’événements comme une volonté délibérée de l’empêcher de poursuivre son activisme.
Que l’on partage ou non ses conclusions, ce livre pose une question plus large : comment une démocratie traite-t-elle les opinions qu’elle considère comme dangereuses ? Jusqu’où peut aller la liberté d’expression ? Le livre soulève également la question de ce que Tommy Robinson perçoit comme un traitement différencié de certaines formes de violence et des discours politiques qui les dénoncent. Il estime notamment que plusieurs affaires impliquant des réseaux criminels à caractère islamiste ont été insuffisamment prises en compte par les autorités.
Un récit de vie assez dur à lire donc, pour de multiples raisons. Déjà, il s’agit d’un premier ouvrage et le style est basique mais c’est compréhensif. Certaines histoires sont longues et il faut de la patience pour les suivre avec la multitude de personnages.
Qu’on partage ou non les idées de Tommy Robinson, réduire ce livre à un simple manifeste politique serait passer à côté de sa dimension autobiographique.
Ne serait-ce que pour l’ambition et l’importance du sujet dans nos vies, y compris en France et quel que soit nos penchants politiques, il s’agit d’un livre qui mérite d’être lu avec esprit critique, précisément parce qu’il suscite le débat.

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